Le Média du Premier Tour

Pluralité, faits sourcés, vote pour — pas contre.

Analyse · Présidentielle 2027

Primaire de la droite : tout le monde la commente, personne ne l'organise

Analyse · Présidentielle 2027 · 12 octobre 2026

Analyse · Rédigé le · Mise à jour

Pluraliste / transversal 1er tourDroite (débat)

Couleur(s) d’idées (transparence) : Pluraliste / transversal 1er tour · Droite (débat) — La thèse (les électeurs veulent trancher, les candidats temporisent) se constate sans prendre parti.

Sept électeurs de droite et du centre sur dix veulent une primaire. Au 12 octobre, il n'y a toujours ni organisateur, ni règles, ni date. David Lisnard et Hervé Morin la réclament, Bruno Retailleau dit qu'il l'affrontera tout en n'y croyant pas, Gabriel Attal ne l'a « jamais exclue », Édouard Philippe la refuse. Pendant ce temps, à gauche, Raphaël Glucksmann a eu la sienne.

Analyse du Média du Premier Tour, fondée sur la presse et les sondages publiés, consultés le 12 octobre 2026. Les sondages sont des photographies, pas des prévisions.

La démocratie avant l’élimination.

Illustration à l’encre et à l’aquarelle : une urne en bois sur une table, entourée de lettres cachetées à la cire restées fermées, et une chaise vide en retrait.

Ce que veulent les électeurs

Le sondage Odoxa-Backbone pour Le Figaro (terrain les 8 et 9 septembre, 1 005 personnes) est net. 61 % des Français et 70 % des sympathisants de droite et du centre sont favorables à une primaire. 64 % la veulent ouverte, 35 % réservée aux adhérents (Odoxa, BFMTV). À la question « ferait un bon candidat », Philippe obtient 67 %, Retailleau 60 %, Attal 48 %.

Ce n'est pas une lubie de rentrée. En février, l'Ifop pour Le Point mesurait déjà 58 % d'approbation chez les personnes de centre et de droite (Le Point).

Ceux qui poussent

Fin août, plus de 200 élus signent une tribune sur le site du Figaro, parmi eux Hervé Morin, Franck Louvrier, Véronique Louwagie et Charles de Courson. Ils proposent 300 parrainages de maires venus de 30 départements, et lancent une pétition (franceinfo, Paris Match).

Les 7 et 8 septembre, Morin écrit la même lettre à Philippe, Attal, Retailleau et Lisnard. Il demande une « grande primaire ouverte » qui « doit aboutir avant la fin de l'année ». Il joint une charte, un système de parrainages et un comité d'organisation de deux personnes par candidat, présidé par des « Sages » (Le Figaro, franceinfo).

Lisnard, président de Nouvelle Énergie et candidat, tient la ligne le 10 octobre sur BFMTV : « C'est encore organisable et je crois qu'elle est souhaitable » (BFMTV). « Encore ». Le mot dit tout du calendrier.

Ceux qui hésitent, celui qui refuse

Retailleau, le 28 août sur France 2 : « S'il y a une primaire, je l'affronterai. Je n'ai peur d'aucune compétition. » Puis, dans le même souffle : « Aujourd'hui, je n'y crois pas » (franceinfo). Courageux à condition que ça n'arrive pas. Il a déjà été désigné par les adhérents LR en avril.

Attal, le 30 août à Châlons-en-Champagne, dit n'avoir « jamais exclu » une primaire. Il préfère parler du comité de liaison créé en mars, et décline pour l'instant la main tendue de Philippe (Les Echos).

Philippe, lui, ne tourne pas autour. Le 11 octobre, au congrès radical de Dijon, il redit non : une primaire rendrait le rassemblement « au mieux hypocrite, au pire impossible » (La Tribune). Sa contre-offre tient dans une lettre du 8 octobre aux chefs de partis et de groupes : des discussions dès début novembre sur un socle de programme et les législatives, « sous l'autorité de personne », chaque candidat restant en course. Se rassembler sans se départager, c'est la formule.

Le contrepoint : un sondage où personne ne décolle

La vague 7 du baromètre Toluna-Harris Interactive pour M6 et RTL (terrain du 5 au 8 octobre, 2 004 inscrits, marge de ±2,9 à 3,1 points) donne Marine Le Pen à 35-37 % au premier tour dans toutes les hypothèses (rapport Toluna, BFMTV). Jean-Luc Mélenchon suit à 18-19 %.

Quand Philippe et Attal sont tous les deux sur la liste, Philippe fait 13 %, Attal 5 %, Retailleau 7 %. Seul, Philippe monte à 17 %. Seul, Attal monte à 12 %. Raphaël Glucksmann est testé à 10-11 %. Au second tour, Le Pen bat Philippe 56 à 44. Il était à 48, puis 49 face à elle cet été.

Une précision qui compte : ce terrain précède la victoire de Glucksmann à la primaire sociale-démocrate du 11 octobre (66,17 % des suffrages exprimés, 120 787 votants). La gauche a voté. La droite et le centre, eux, en sont encore aux lettres.

Sources

Consultations du 12 octobre 2026 (heure de Paris).

Presse et sondages

Méthode : seuls des faits publiés et datés sont repris. Aucune projection ni addition de scores entre hypothèses de sondage.

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