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Analyse · Présidentielle 2027

« Sel et poivre » : l'Élysée parle coalition, Retailleau répond ticket

Analyse · La rédaction · 6 novembre 2026

Analyse · Rédigé le · Mise à jour

Clarté des alliancesArbitrage transparentPluralisme loyal

Couleur(s) d’idées (transparence) : Clarté des alliances · Arbitrage transparent · Pluralisme loyal — On dit d'abord avec qui l'on gouverne, avant de parler de coalition.

Jeudi, un proche interlocuteur du chef de l'État, cité par l'AFP, a laissé filtrer une « logique de coalition » de David Lisnard à Raphaël Glucksmann [1][2][3]. La parole n'est pas officielle. Au salon Euronaval, Bruno Retailleau a balayé le projet : « en mettant du sel et du poivre, un peu de gauche, un peu de droite […] vous vous trompez » [4][5]. Il fixe aussi une date de primaire, si Édouard Philippe accepte. Entre les deux lignes, personne n'a encore dit oui.

On peut vouloir éviter un duel. On peut aussi refuser d'être le sel ou le poivre d'une alliance inventée par d'autres. L'interlocuteur de l'Élysée dit que le président « assume seul son bilan » et que les candidats sont « totalement libres de s'en affranchir ». C'est une phrase utile. Elle ne remplace pas un calendrier, ni une règle de départage, ni un oui d'Édouard Philippe, ni un oui de Raphaël Glucksmann. Bruno Retailleau, lui, a au moins une date conditionnelle et une formule claire : sans ligne, le « ticket » des extrêmes. Reste à savoir si ceux qu'il invite à sa primaire accepteront d'y entrer, et s'il soutiendra lui-même le gagnant. Pour l'instant, la coalition n'a ni chef, ni urne, ni accord. C'est une opinion de la rédaction. Les faits sont sourcés ci-dessous.

La démocratie avant l’élimination.

Aquarelle d'une table en bois : un salière et une poivrière en verre reliées par un ruban bleu frangé au milieu, une urne blanche fermée et un carnet à spirale aux pages blanches. Branche d'érable séchée à gauche, lumière d'automne douce, aucun texte ni visage.

Ce que dit l'interlocuteur de l'Élysée, et ce qu'il ne dit pas

Selon l'AFP, un proche interlocuteur du chef de l'État affirme que celui-ci « ne se résout pas à un duel LFI/RN » [1][2][3]. Il estime que, sur l'Europe, l'État de droit, l'économie de marché et le rejet des extrêmes, « ce qui unit de Lisnard à Glucksmann est plus fort que ce qui divise » [1][2]. Dans un contexte de tripartition, ces forces devraient « travailler ensemble » dès aujourd'hui, « dans une logique de coalition » [1][2][3].

Qui conduirait ensuite cette coalition vers la présidentielle ? L'interlocuteur renvoie la question aux intéressés : il leur reviendra de trouver « un mode de départage » [1][2]. Sur le bilan, il ajoute : « Il assume seul son bilan et ils sont donc totalement libres de s'en affranchir » [1][2][3]. RTL précise que « la parole n'est pas officielle », même si elle a vocation à être partagée [3].

Ce que ce message ne dit pas : ni la date d'un éventuel départage, ni la liste des candidats retenus, ni qui devrait se retirer. Il ne tranche pas entre primaire ouverte et autre méthode. Il pose un cadre. Le détail reste à inventer.

Les sondages donnent actuellement Jean-Luc Mélenchon en mesure de se qualifier au second tour face à Marine Le Pen, selon l'AFP [3]. Pour la notice et les mentions imposées par la loi 77-808, voir le détail Ifop pour LCI dans notre Une du 5 novembre [16]. Aucun chiffre n'est repris ici.

Ce qu'a répondu Bruno Retailleau au salon Euronaval

Au salon Euronaval, jeudi, Bruno Retailleau a rejeté l'idée filtrée depuis l'Élysée. « Si vous pensez un seul instant qu'en mettant du sel et du poivre, un peu de gauche, un peu de droite, on arrivera à une ligne de clarté qui permettrait de trancher (...), vous vous trompez », a-t-il affirmé [4][5].

Sur le même thème, il a ciblé ce qu'il appelle le « grand centre mou » : « Emmanuel Macron a voulu faire une espèce de grand centre mou. Quelle était la conclusion ? C'est que les deux ailes radicales à droite et à gauche, LFI et le RN, ont poussé » [3]. Puis : « Eh bien, si vous faites ça demain, alors là vous donnez un ticket pour M. Mélenchon et pour Mme Le Pen » [3].

Il a aussi parlé de la primaire. « J'ai l'absolue conviction que les héritiers du macronisme, les anciens Premiers ministres (Gabriel Attal et Edouard Philippe) ne pourront pas gagner cette primaire », a-t-il dit à la presse [4][5]. L'ajout entre parenthèses est celui de l'AFP, pas ses mots. Le bilan des deux quinquennats, selon lui, « est tellement désastreux qu'il les irradie » et qu'ils n'arriveront pas à s'en séparer [4][5]. Il répète qu'« il n'y aura pas de saison 3 du macronisme » [4][5].

Sur le calendrier, Bruno Retailleau s'est rallié mardi à l'idée de primaire de Gabriel Attal [4][5]. Jeudi, il a estimé que cette « primaire très ouverte » pourrait avoir lieu pendant « la première quinzaine du mois de février au plus tard », si Édouard Philippe accepte d'y participer [5]. Il ne s'engage pas à soutenir le vainqueur : « La règle d'une primaire, c'est au moins que quand on la perd, on ne se présente pas » [4][5]. Et : « Il ne faut pas trop m'en demander quand même, parce que je ne suis pas macroniste et je n'appartiens pas à ce qu'on appelle le bloc central » [4][5].

Édouard Philippe : deux phrases, et une réunion sans Glucksmann

Interrogé au même salon Euronaval, Édouard Philippe a rappelé avoir invité « un certain nombre de responsables politiques de la droite et du centre à discuter avec moi de fond parce que je pense qu'il faut d'abord créer du commun avant de jouer les différences » [3][4][5]. Puis : « Je n'ai pas eu beaucoup de réponses. Je le regrette, mais c'est ainsi » [3][4][5].

Selon l'AFP, la réunion qu'il avait tenté d'organiser autour de la Toussaint excluait Raphaël Glucksmann [3]. Ce n'était donc pas un tour de table élargi à toute la palette évoquée par l'interlocuteur de l'Élysée. Sur la primaire elle-même, sa position connue reste le refus (notre Une du 5 novembre) [16]. Au 5 novembre au soir, nous n'avons pas trouvé, dans les sources consultées, de nouvelle déclaration de sa part sur le message filtré depuis l'Élysée au-delà des deux phrases d'Euronaval.

À gauche : Pierre Jouvet écarte Glucksmann

Pierre Jouvet, porte-parole de Raphaël Glucksmann, à l'AFP, a répondu frontalement : « Ceux qui ont mis le pays dans cet état ne sont pas une solution. Ni une alternative. Nous n'avons jamais cru à la grande confusion du macronisme » [3]. Il assure que son candidat ne se sent pas « concerné » par « ces tentatives désespérées » [3].

Le périmètre voulu par l'interlocuteur de l'Élysée inclut pourtant Raphaël Glucksmann. La réponse de son porte-parole ferme la porte, au moins pour l'instant. Du côté MoDem, Marc Fesneau, qui n'a pas encore soutenu un candidat, dit à l'AFP préférer « une convergence sur le projet et le fond, pour bâtir une coalition de projet », base ensuite d'une « convergence sur une candidature » [3]. Ce n'est ni un oui à Retailleau, ni un oui à l'Élysée : c'est une troisième voie, encore sans calendrier.

Deux calendriers, toujours pas de départage

D'un côté, l'interlocuteur de l'Élysée appelle à travailler ensemble « dès aujourd'hui » et renvoie le « mode de départage » aux candidats [1][2]. De l'autre, Bruno Retailleau fixe « la première quinzaine du mois de février au plus tard », sous condition du oui d'Édouard Philippe [5]. Gabriel Attal, lui, parlait d'un vote « d'ici à la fin du mois de janvier » (Une du 1er novembre) [17].

Entre ces dates, rien n'est tranché. Pas de règles communes. Pas de liste d'invités partagée : Bruno Retailleau exclut toujours Raphaël Glucksmann de sa primaire [4][5][16], tandis que le message filtré depuis l'Élysée l'inclut. Et le principal candidat qui refuse la primaire, Édouard Philippe, n'a toujours pas dit oui.

Le premier tour de la présidentielle est fixé au 18 avril 2027 [12]. Le décret qui convoque les électeurs doit paraître au moins dix semaines avant, donc au plus tard le 7 février 2027 [12][14]. Les 500 parrainages doivent arriver au Conseil constitutionnel au plus tard le vendredi 12 mars 2027 à 18 heures [13][14]. Une primaire « première quinzaine de février » arrive donc pile au moment où la course aux signatures commence.

Le bilan

Jeudi, deux messages se sont croisés. L'un, non officiel, filtre depuis l'Élysée une « logique de coalition » de David Lisnard à Raphaël Glucksmann [1][2][3]. L'autre, public, vient de Bruno Retailleau : « sel et poivre », « grand centre mou », « ticket » pour Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen [3][4][5]. Édouard Philippe rappelle qu'il a peu de réponses à ses invitations de fond [3][4][5]. Pierre Jouvet, pour Raphaël Glucksmann, parle de « tentatives désespérées » [3]. Tout le monde parle de rassemblement. Personne n'a encore le même périmètre, la même date, ni la même méthode.

L'opinion de la rédaction

On peut vouloir éviter un duel. On peut aussi refuser d'être le sel ou le poivre d'une alliance inventée par d'autres. L'interlocuteur de l'Élysée dit que le président « assume seul son bilan » et que les candidats sont « totalement libres de s'en affranchir ». C'est une phrase utile. Elle ne remplace pas un calendrier, ni une règle de départage, ni un oui d'Édouard Philippe, ni un oui de Raphaël Glucksmann. Bruno Retailleau, lui, a au moins une date conditionnelle et une formule claire : sans ligne, le « ticket » des extrêmes. Reste à savoir si ceux qu'il invite à sa primaire accepteront d'y entrer, et s'il soutiendra lui-même le gagnant. Pour l'instant, la coalition n'a ni chef, ni urne, ni accord. C'est une opinion de la rédaction. Les faits sont sourcés ci-dessous.

Courants que cette analyse rejoint

  • Clarté des alliances : on dit d'abord avec qui l'on gouverne, avant de parler de coalition.
  • Arbitrage transparent : un mode de départage se fixe à l'avance, avec date et périmètre, pas par message anonyme.
  • Pluralisme loyal : on peut refuser une alliance sans être accusé de servir les extrêmes.

En tension avec : la coalition inventée d'en haut, où l'on mêle gauche et droite sans ligne commune, et l'idée qu'un message non officiel suffit à ranger les candidats.

Sources

Consultées le 5 novembre 2026.

Presse, institutions et déclarations

Les faits sont sourcés ci-dessus, consultés le 5 novembre 2026.

Liens LMDPT

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