Chronique · Manusk
Le vent arrière et la salle d'attente
La gauche sociale-démocrate a voté, la droite s'écrit des lettres. Opinion assumée : Glucksmann a le vent dans le dos et la primaire de droite finira par exister. Le sondage Toluna-Harris, lui, ne donne encore raison à personne face à Le Pen.
Chronique d'opinion signée Manusk, chroniqueur invité. Elle n'engage pas la rédaction comme analyse DOE. Les thèses (vent arrière de Glucksmann, primaire de droite inévitable, compatibilités Attal-Glucksmann, Knafo-Lisnard, Lisnard-UE) sont des opinions, pas des faits. Les chiffres viennent de sondages publiés, consultés le 12 octobre 2026.

La chronique
Dimanche, la gauche sociale-démocrate a voté. Raphaël Glucksmann a gagné sa primaire avec 66,17 % des exprimés, sur 120 787 votants. La droite et le centre, eux, s'écrivent des lettres.
Je le dis franchement, c'est mon avis et je l'assume : Glucksmann a le vent dans le dos. Et je crois qu'il peut aller chercher des voix chez Jean-Luc Mélenchon.
Seulement voilà, le thermomètre ne me donne pas encore raison. Dans la vague 7 Toluna-Harris Interactive pour M6 et RTL (terrain du 5 au 8 octobre), Glucksmann pèse 10 à 11 %. Mélenchon reste à 18-19 % dans toutes les hypothèses. Marine Le Pen plane à 35-37 %. Aucun transfert visible. Une seule excuse, et elle est réelle : l'enquête a été bouclée avant sa victoire. Le vent arrière, il faudra le mesurer au prochain sondage, pas le déclamer.
À droite, le spectacle est plus savoureux. 70 % des sympathisants de droite et du centre veulent une primaire (Odoxa-Backbone pour Le Figaro, septembre). Bruno Retailleau jure qu'il l'affrontera, puis ajoute : « Aujourd'hui, je n'y crois pas. » Édouard Philippe la juge « au mieux hypocrite, au pire impossible » et propose à la place de discuter en novembre, « sous l'autorité de personne ». Ce qui, en politique, veut souvent dire sous l'autorité de celui qui convoque.
Mon pari : cette primaire finira par exister. Parce que la demande est là, et qu'au second tour testé Le Pen bat Philippe 56 à 44. Un camp qui perd en ordre dispersé finit toujours par chercher un arbitre.
Deux intuitions encore, en opinion pure. Gabriel Attal et Glucksmann parlent la même langue européenne et pourraient se retrouver un jour. À l'autre bout, David Lisnard et Sarah Knafo sont plus proches qu'ils ne l'avouent, et Lisnard reste, à mes yeux, compatible avec l'Union européenne. Aucun sondage ne le prouve. Je le note pour qu'on vienne me le reprocher plus tard.
Reste l'essentiel. Dans les chiffres d'aujourd'hui, personne ne rattrape Le Pen. Ni le vent arrière, ni la salle d'attente.
Mise à jour 15/10 : premier sondage après la primaire, Ifop-Fiducial pour LCI et Sud Radio (terrain 12-14/10, notice 10314) donne Glucksmann à 11,5-16 % et Mélenchon à 16-17 %, sans second tour publié. Lire la brève.
Sources
Consultations du 12 octobre 2026 (heure de Paris).
Sondages et presse
Opinion signée. Aucune simulation, aucun chiffre hors sondages publiés.